NavBoost est un système de classement de Google qui associe des requêtes à des documents en mémorisant les clics des internautes : il retient sur quelle page on a cliqué après une recherche, et fait remonter celles qui satisfont durablement les utilisateurs. Pendant une quinzaine d’années, Google a nié se servir des clics comme signal de classement. NavBoost prouve le contraire.
Contrairement à une idée répandue, ce ne sont pas les « Google Leaks » de mai 2024 qui ont révélé NavBoost : ces documents, privés de contexte, en disent peu. L’essentiel vient de la justice américaine — le témoignage sous serment de Pandu Nayak, alors VP Search de Google, lors du procès antitrust de fin 2023, puis la décision du juge Mehta publiée en août 2024. Le système serait en service depuis 2005.
Ce que ces pièces nous apprennent : NavBoost mémorise sur une fenêtre glissante de treize mois (dix-huit avant 2017) les clics associés à chaque requête — un retour immédiat vers la page de résultats (le pogosticking) jouant en sens inverse —, y compris via les données de Chrome. Treize mois de données Google équivaudraient à dix-sept ans de données pour Bing, un avantage concurrentiel décisif qui fut au cœur du procès. Surtout, NavBoost intervient en aval : l’index à plusieurs niveaux et le signal QBST réduisent d’abord les milliards de pages à quelques dizaines de milliers de candidates, puis NavBoost en retient quelques centaines. Il réordonne un classement, il ne le crée pas. Les systèmes plus récents dits de « généralisation » (RankBrain, MUM…) ne l’ont d’ailleurs pas remplacé : il demeure l’un des composants de classement les plus puissants.

Pour le SEO, deux enseignements.
- D’abord, inutile de chercher à gonfler ses clics : Google filtre les schémas artificiels.
- Ensuite, gare au contresens : NavBoost ne signifie pas que les sites à fort trafic l’emportent. Les données de clics affinent le classement requête par requête, en amont ou en aval de la première page de résultats – elles ne récompensent pas le trafic brut. L’objectif reste de transformer chaque clic en satisfaction réelle, en tenant la promesse du titre une fois la page atteinte.
Sources : la décision du juge Mehta dans le procès DOJ contre Google (PDF) ; notre analyse détaillée, « Mieux que les Google Leaks : les Justice Leaks ».