Le 28 août 2026, Google a modifié sa documentation développeur sur les favicons pour lister explicitement les sept formats de fichiers acceptés par Google Search : BMP, GIF, ICO, PNG, JPEG, PPM et TIFF. Le SVG n’y figure pas.
La précision arrive une semaine après un incident qui a duré une dizaine de jours : entre le 12 et le 23 août, une partie des favicons affichés dans les résultats de recherche ont été remplacés par l’icône de globe générique, avant que Rajan Patel, VP Engineering de Google Search, ne reconnaisse publiquement un bug côté Google.
Ces deux actualités rappellent une réalité que beaucoup d’implémentations ignorent : le favicon que vous servez aux navigateurs et le favicon que Google affiche dans ses résultats obéissent à deux cahiers des charges différents. Le jeu de fichiers optimal pour les navigateurs en 2026 repose sur le SVG. Celui de Google Search l’exclut. Voici comment construire une implémentation qui satisfait les deux.
Sept formats listés, et un absent remarqué
Jusqu’au 28 août, la page « Define a favicon to show in search results » de Google Search Central renvoyait vers une référence externe pour la question des formats. Dans son changelog officiel, Google explique que cette référence externe a changé au fil des ans, au point de semer le doute sur les formats réellement acceptés. Le moteur, lui, n’a pas bougé : la mise à jour ne modifie aucun comportement, elle fige noir sur blanc une liste qui existait déjà en interne.
La liste réserve deux surprises. La première est la présence du PPM (Portable Pixmap, un format d’image brut hérité d’Unix, à peu près inutilisé sur le web). La seconde est l’absence du SVG (Scalable Vector Graphics, le format d’image vectoriel du W3C), devenu le format recommandé côté navigateurs. WebP et AVIF manquent aussi à l’appel, alors que Google Images accepte l’AVIF depuis août 2024.
Cette absence n’a rien d’anodin. Comme l’a relevé Roger Montti dans Search Engine Journal, la version de la documentation antérieure à octobre 2024 mentionnait explicitement le SVG comme option valide, aux côtés des tailles multiples de 48 pixels. Le SVG a disparu du texte lors de la refonte d’octobre 2024, et la liste du 28 août 2026 officialise son exclusion.
Barry Schwartz, qui a repéré la mise à jour sur Search Engine Roundtable le 28 août, y voit une clarification bienvenue : les problèmes de favicon figurent parmi les questions les plus fréquentes que lui remontent les propriétaires de sites. Il regrette en revanche l’absence d’un outil de débogage dédié dans la Search Console, qui n’existe toujours pas.
Dix jours de favicons cassés en août
La chronologie du bug d’août éclaire le fonctionnement du pipeline favicon de Google. Le 12 août 2026, le consultant australien Brodie Clark signale sur X que Google peine à afficher les favicons d’un grand nombre de sites. Les jours suivants, les plaintes s’accumulent sur les forums d’aide Google et sur X : les sites concernés voient leur icône remplacée par le globe générique, celui que Google affiche quand il ne parvient pas à récupérer ou à valider un favicon.
Le 20 août, Rajan Patel répond publiquement qu’il examine le problème. Le 21 août, il confirme : le problème vient de chez Google, et ses équipes le corrigent. Le même jour, Glenn Gabe constate que même LinkedIn a perdu son favicon dans les résultats, alors que le fichier est carré, en 64×64 pixels et parfaitement crawlable. Le 22 août, Patel annonce une résolution sous douze heures environ. Le week-end du 23 août, l’affichage revient progressivement à la normale.
Deux enseignements pour le praticien. D’abord, un favicon qui disparaît des résultats n’est pas toujours un problème côté site : quand LinkedIn perd le sien, la cause est ailleurs. Ensuite, la mise à jour de documentation du 28 août, six jours après le correctif, ressemble fort à une conséquence directe de l’incident : les équipes Search ont manifestement profité de la vague de plaintes pour éliminer une ambiguïté qui alimentait les tickets de support.
Deux usages différents pour un même fichier
Votre balise favicon a aujourd’hui deux lecteurs aux exigences divergentes.
Le premier est le navigateur. Chrome, Firefox, Safari et Edge supportent tous le SVG comme favicon, et ce format est devenu le choix par défaut des intégrateurs : un seul fichier vectoriel couvre toutes les résolutions, pèse souvent moins lourd qu’un PNG, et permet d’adapter les couleurs au mode sombre via une media query embarquée dans le fichier.
Le second est Google Search, qui affiche le favicon à côté du nom de site dans chaque résultat, sur mobile comme sur desktop. Google ne lit que des formats matriciels (des images en pixels, par opposition au vectoriel), impose un ratio 1:1 strict, et récupère le fichier avec ses propres crawlers, selon ses propres règles de fréquence.
Le point de friction est concret : un site qui ne déclare qu’un favicon SVG est conforme aux standards du web et invisible pour le pipeline favicon de Google. Glenn Gabe formule la conséquence opérationnelle dans son message du 28 août : si vous utilisez un SVG, remplacez-le par un fichier en pixels, ou servez au minimum des versions alternatives en parallèle. C’est cette seconde option, le jeu combiné, qui constitue la bonne implémentation en 2026.
Le jeu minimal côté navigateurs
Pour la partie navigateurs, la référence reste le travail d’Andrey Sitnik (Evil Martians), dont le guide « How to Favicon », remis à jour chaque année, démonte les générateurs qui produisent des dizaines de fichiers inutiles. Sa conclusion : cinq icônes et un fichier JSON couvrent l’ensemble des navigateurs et appareils actuels.
<link rel="icon" href="/favicon.ico" sizes="32x32">
<link rel="icon" href="/icon.svg" type="image/svg+xml">
<link rel="apple-touch-icon" href="/apple-touch-icon.png">
<link rel="manifest" href="/manifest.webmanifest">
Le détail des fichiers :
- favicon.ico en 32×32 pixels, placé à la racine du domaine. Le format ICO peut embarquer plusieurs résolutions, mais une seule image 32×32 suffit dans la plupart des cas. Ce fichier sert de repli aux navigateurs anciens, aux lecteurs RSS et aux outils qui interrogent directement
/favicon.icosans lire le HTML. - icon.svg, le fichier principal pour les navigateurs modernes, avec adaptation possible au mode sombre.
- apple-touch-icon.png en 180×180 pixels, sans transparence, utilisé par iOS pour l’écran d’accueil. Sans lui, Safari génère une capture d’écran de la page.
- Un manifeste web (le fichier JSON qui décrit une application web installable) référençant deux PNG en 192×192 et 512×512 pour Android et les PWA.
Ce jeu est optimal pour les navigateurs. Il se trouve qu’il contient déjà, presque par accident, ce qu’il faut pour Google.
Les règles propres à Google Search
La documentation du 28 août consolide un ensemble de règles que Google applique depuis des années, et que chaque implémentation doit vérifier point par point.
Un favicon par nom d’hôte. Google associe un seul favicon à chaque hostname. www.example.com et code.example.com peuvent avoir chacun le leur, mais example.com/boutique héritera de celui du domaine : impossible de définir un favicon distinct pour un sous-répertoire.
Un carré d’au moins 8×8 pixels, idéalement plus de 48×48. Le ratio 1:1 est éliminatoire. Glenn Gabe rapporte sur son blog GSQi le cas d’un site dont le favicon avait un ratio imperceptiblement faussé : l’icône a disparu des résultats jusqu’à la correction du fichier.
Quatre valeurs d’attribut rel reconnues. Google extrait le favicon des balises link portant rel="icon", rel="shortcut icon", rel="apple-touch-icon" ou rel="apple-touch-icon-precomposed". Votre icône iOS en 180×180 est donc un candidat favicon valide pour Google.
Une URL stable, crawlable, hébergeable sur CDN. Le fichier favicon doit être accessible à Googlebot-Image et la page d’accueil à Googlebot : un blocage robots.txt sur l’un des deux suffit à faire tomber l’icône. Depuis février 2023, le fichier peut être hébergé sur un autre domaine, un CDN par exemple. Et depuis octobre 2023, Google n’utilise plus le user agent dédié « Google Favicon » : la récupération passe par les jetons Googlebot-Image et Googlebot.
Un délai de prise en compte de plusieurs jours à plusieurs semaines, que vous pouvez raccourcir en demandant l’inspection de votre page d’accueil dans la Search Console.
Le jeu combiné qui satisfait tout le monde
La synthèse des deux cahiers des charges tient en une règle : conservez le SVG pour les navigateurs, mais assurez-vous qu’au moins un fichier matriciel carré de plus de 48 pixels reste déclaré et crawlable pour Google.
Le jeu minimal de Sitnik remplit déjà cette condition par trois voies : le favicon.ico en 32×32 (format supporté, mais sous la taille recommandée), l’apple-touch-icon en 180×180 (PNG carré, largement au-dessus des 48 pixels, déclaré avec un attribut rel que Google reconnaît), et les PNG du manifeste. En pratique, l’apple-touch-icon constitue votre meilleur candidat favicon Google : bien dimensionné, stable, en PNG.

Trois précautions complètent l’implémentation :
- Passez le favicon.ico en multi-résolutions (16×16, 32×32, 48×48) si votre logo se dégrade au redimensionnement. Vous restez dans un seul fichier tout en offrant à Google une version à 48 pixels dans un format qu’il liste.
- Ne renommez jamais l’URL du favicon à chaque déploiement. La documentation exige une URL stable. Les pipelines de build qui versionnent les assets avec un hash dans le nom de fichier (
icon.a3f8b2.png) cassent cette stabilité : excluez les favicons du fingerprinting. - Vérifiez le robots.txt après chaque refonte. Un
Disallowsur le répertoire des assets qui bloque Googlebot-Image est la cause la plus banale de disparition d’icône, et la plus longue à diagnostiquer faute d’outil dédié.
Aucune de ces précautions ne demande de toucher au SVG : les deux systèmes cohabitent dans le même bloc de balises.
Si votre favicon a disparu : la méthode de diagnostic
Aucun rapport Search Console ne couvre les favicons. Le diagnostic reste donc manuel, et la référence en la matière est l’article « Favi-gone » de Glenn Gabe, qui recense sept causes de disparition constatées sur des cas réels, mis à jour en janvier 2026.
L’ordre de vérification efficace :
- Écartez le bug Google. Si des sites majeurs perdent leur icône en même temps que vous, comme en août, attendez. John Mueller a répété en janvier 2026 qu’une core update ne fait pas disparaître un favicon : la cause est technique ou liée aux règles de contenu, jamais algorithmique.
- Contrôlez le fichier lui-même : ratio exactement carré, format dans la liste des sept, taille d’au moins 8×8 pixels.
- Testez la crawlabilité du fichier favicon et de la page d’accueil, robots.txt compris.
- Vérifiez la stabilité de l’URL dans le HTML servi, redirections incluses.
- Vérifiez le contenu de l’image. Google remplace par l’icône générique tout favicon jugé inapproprié, pornographie et symboles haineux en tête.
Après correction, demandez l’indexation de la page d’accueil via l’outil d’inspection d’URL, et comptez en jours, pas en heures.
Pourquoi ça compte, et ce que vous devez faire
Le favicon apparaît dans chaque résultat de recherche, sur mobile comme sur desktop, à côté du nom de site. Un globe générique à la place de votre logo signale un site anonyme dans une liste où vos concurrents affichent leur marque, sur chaque requête où vous apparaissez. L’incident d’août a montré que même une icône parfaitement implémentée peut disparaître : ce qui reste sous votre contrôle doit être irréprochable pour que le reste ne soit qu’une question de patience.
Quatre gestes, dans l’ordre :
- Auditez vos balises : si votre site ne déclare qu’un SVG, ajoutez immédiatement un PNG ou un ICO carré d’au moins 48 pixels avec un rel reconnu.
- Vérifiez la crawlabilité du fichier favicon par Googlebot-Image et de la page d’accueil par Googlebot.
- Figez l’URL du favicon et sortez-la de tout mécanisme de versioning d’assets.
- Contrôlez chaque sous-domaine séparément : chaque hostname a son propre favicon, donc son propre audit.
Bibliographie
- Define a favicon to show in search results, documentation Google Search Central
- Latest documentation updates, changelog Google Search Central, entrée du 28 août 2026
- Overview of Google crawlers and fetchers, documentation Google
- Google Search Now Lists The Supported Favicon File Formats, Barry Schwartz, Search Engine Roundtable
- Google Search Favicons Disappearing, Barry Schwartz, Search Engine Roundtable
- Google working on fix for broken favicons in Google Search, Barry Schwartz, Search Engine Land
- Favi-gone: 7 Reasons Why Your Favicon Disappeared From The Google Search Results, Glenn Gabe, GSQi
- Google Now Recommends Higher Resolution Favicons, Roger Montti, Search Engine Journal
- How to Favicon in 2026: Three files that fit most needs, Andrey Sitnik, Evil Martians