Après le llms.txt, et le TDMRep, il y’a un nouveau fichier à implémenter sur votre site d’urgence pour piloter les bots IA.
Ce nouveau standard c’est le CATS.txt, pour « Crawler Access and Trust Specification » *
Le principe reprend celui du robots.txt ou du ads.txt. Un fichier texte déclaratif, posé à la racine, qui expose aux crawlers un jeu d’entités rattachées à votre site : leur identifiant, leur rôle, et un indice de confiance normalisé noté sur 10.
Et les preuves d’efficacité sont là.
Un fichier pris en compte par les bots IA
GPTBot, ClaudeBot, PerplexityBot et Googlebot le crawlent : les logs serveur le montrent clairement.
Google l’indexe, et vous propose même de le revendiquer dans la Search Console pour en suivre les performances. L’AI Overview de Google va jusqu’à décrire une entité déclarée dans le fichier, avec ses attributs, en citant le cats.txt comme source. Une information qui n’existe nulle part ailleurs sur le web.
Et si vous demandez à ChatGPT si le cats.txt aide à ranker, il vous répond oui, grâce à ses « signaux structurés pour les machines ».
Crawlé, indexé, cité, validé par l’IA elle-même.
Sauf que…
Le cats.txt est une parodie de standard
Le cats.txt est une blague. Mark Williams-Cook l’a inventée début août pour voir si un fichier parfaitement absurde franchissait les quatre mêmes « preuves » qu’on brandit aujourd’hui pour vendre le llms.txt.
Les entités déclarées dans le fichier, ce sont ses chats. Leur nom, leur race, leur intitulé de poste. Et l’indice de confiance sur 10, c’est le PurrLevel, qui mesure la fréquence des ronronnements.
L’entité que l’AI Overview de Google décrit si sérieusement s’appelle donc Odd. C’est un chat Tuxedo, « Render Cat », qui chasse le curseur à l’écran et planque les pixels égarés dans la moquette numérique. PurrLevel de 5 sur 7. Tout est inventé.
Un standard « Canada Dry »
Le cats.txt n’est pas un canular bâclé, Williams-Cook a bossé son sujet avant de lancer sa blague.
La spécification reprend le registre du RFC (Request for Comments, le format de document par lequel l’IETF publie les standards de l’internet) : champs obligatoires, champ CacheControl indiquant la durée de mise en cache des métadonnées félines, exemple de fichier daté du 18 septembre 2025 pour le domaine i83.uk. On y trouve un Maine Coon nommé Byte, « Data Wrangler », PurrLevel 9, et un British Shorthair nommé Pixel, « GUI Purrfectionist », PurrLevel 8.

Williams-Cook a ensuite publié un article LinkedIn présentant le cats.txt comme le standard manquant du SEO et du GEO, au motif assumé que les LLM accordent un poids étrange aux contenus LinkedIn.
C’est là que la communauté SEO s’en est mêlée, en toute connaissance de cause. Dave Smart, consultant technique de Manchester qui construit des sites depuis 26 ans, a posé un cats.txt sur tamethebots.com. Un tiers a monté catstxt.org, version plus propre et mieux spécifiée que l’originale, avec son propre brouillon de RFC et une revendication d’adoption chiffrée aussi fausse que solennelle. Le faux standard a donc acquis une implémentation concurrente en quinze jours, ce que peu de vrais standards obtiennent.
À la conférence Athens SEO, Martin Splitt, Search Advocate chez Google, a demandé publiquement à l’auteur s’il comptait garder le monopole du standard ou l’ouvrir à l’IETF.
Les preuves que le CATs.txt plait aux bots IA
Preuve numéro un : les robots des IA sont venus le chercher
Premier argument entendu partout : les logs serveur montrent GPTBot, ClaudeBot et PerplexityBot en train de récupérer le fichier, donc le fichier est utilisé. Et oui, le Cats.text est bien téléchargé par les bots IA, ça se voit dans les logs.
Deuxième argument : le fichier est indexé par Google, donc Google le considère comme important.
Le cats.txt est effectivement indexé. Google propose même de revendiquer l’URL en Search Console pour en suivre les performances, pour un fichier affirmant qu’un British Shorthair nommé Pixel occupe le poste de « GUI Purrfectionist ».
Preuve numéro trois : le modèle restitue une information qui n’existe que là
Troisième argument, le plus solide en apparence : un modèle a produit un fait qui figurait uniquement dans le fichier, donc il a lu le fichier comme une source privilégiée.
Interrogé sur le chat qui vit sur le site de Dave Smart, l’AI Overview de Google répond, en liste à puces et sans la moindre hésitation, qu’Odd est un chat Tuxedo occupant le poste de « Render Cat », qu’il chasse le curseur et récupère les pixels égarés. Le fichier cats.txt est cité en source.
Odd existe, c’est le chat de Dave Smart.
Preuve numéro quatre : ChatGPT confirme que ça marche
Quatrième argument, le plus faible et pourtant le plus employé en réunion client : on demande à ChatGPT si le llms.txt fonctionne, il répond oui, et cette réponse tient lieu de validation.
Deux semaines après la publication de la spécification, la même question posée sur le cats.txt donnait une réponse affirmative, argumentée par des « signaux structurés pour les machines » et une meilleure capacité des systèmes d’IA à citer le contenu. Soit, mot pour mot, l’argumentaire de vente du llms.txt, appliqué à un fichier mesurant la fréquence des ronronnements.

Au delà de la blagounette, un appel à votre vigilance
Ces quatres preuves ont été employées pour dire : « en dépit de ce que nous disents les GAFAM, le llms.txt est bien pris en compte, la preuve il est crawlé, Google l’indexe, le modèle en exploite le contenu et mon IA préférée me dit qu’il faut ajouter un LLMs.txt ».
Sauf que la preuve est maintenant faite que … ces preuves ne prouvent rien qui ne soit applicable à n’importe quel fichier texte crawlable.
Tout irait bien si c’était la seule ânerie racontée par les experts du GEO autoproclamés.
Pour paraphraser Williams-Cook, le llms.txt est au GEO ce que l’astrologie est à l’astronomie.
Et pour ceux qui croient encore que l’astrologie c’est du sérieux, l’éclipse du 12 août s’est déroulée sur fond de constellation du Lion d’après les astrologues, alors que les astronomes ont bien vu la constellation du Cancer en fond (oops…)
Bibliographie
- How cats.txt showed llms.txt evidence is GEO astrology, Mark Williams-Cook, 4 août 2026 (source primaire)
- cats.txt Specification (Draft v1.0), Mark Williams-Cook, 18 septembre 2025 (source primaire)
- Pensez à mettre un noindex si vous créez un fichier LLMs.txt, Neper
- Toutes nos publications sur le llms.txt, Neper
- The cats.txt standard, catstxt.org