La « Spam Update » de Juin 2026 est en cours de déploiement

Le mercredi 24 juin 2026, Google a lancé le déploiement de la June 2026 spam update, sa deuxième mise à jour antispam de l’année.

L’annonce de la mise à jour sur le compte Linkedin Google Search Central

L’information figure sur le Search Status Dashboard, le tableau de bord officiel où Google signale en temps réel les incidents et déploiements affectant la recherche.

Le déploiement s’applique au monde entier, toutes langues confondues, et peut prendre quelques jours. Au moment d’écrire ces lignes, le déploiement est toujours en cours.

Spam Update ? Qui sera impacté ?

Une spam update est une amélioration des systèmes automatisés qui détectent le spam, à distinguer d’une core update (mise à jour centrale), laquelle modifie en profondeur les systèmes de classement pour mieux évaluer la qualité et la pertinence générales.

Les spam updates s’appuient notamment sur SpamBrain, le système anti-spam de Google adossé à des modèles d’apprentissage automatique, chargé de repérer les contenus et techniques manipulatoires.

Google n’a donné aucune indication sur des caractéristiques spécifiques pour cette spam update. Ni sur les sites ou les pratiques ciblées. On peut juste spéculer sur le fait que cette spam update prend en compte les « nouveautés » introduites par Google récemment dans sa définition du spam et le périmètre de ce qui est considéré comme spammy.

Le SPAM des réponses génératives ciblé ?

L’évolution la plus notable du périmètre date du 15 mai 2026. Google a modifié la phrase d’introduction de sa page consacrée aux règles antispam pour y inclure explicitement la manipulation des réponses génératives. Le spam s’entend désormais des techniques visant à tromper les utilisateurs ou à manipuler les systèmes de Google pour mettre un contenu en avant, ce qui couvre aussi bien la manipulation du classement classique que celle des réponses produites par l’IA dans la recherche. C’est, à notre connaissance, la première fois que Google nomme directement la manipulation de l’IA dans ses règles.

Cette clause vise les AI Overviews (résumés générés par l’IA en tête des résultats) et l’AI Mode (mode conversationnel de recherche), deux surfaces dont la France reste pour l’heure exclue. La presse spécialisée cite, à titre d’exemples, les listicles biaisés et le recommendation poisoning (empoisonnement de recommandation : l’insertion dans une page d’instructions destinées à pousser un modèle de langage à présenter un site donné comme une autorité). Google précise que ces ajouts ne créent pas de nouvelle catégorie : aucune date d’application distincte, et les mêmes mécanismes de sanction qu’auparavant, démotions algorithmiques et actions manuelles. Il s’agit d’une clarification de texte, pas d’une mise à jour de classement, et elle n’apparaît d’ailleurs pas dans l’historique des déploiements.

Le message de fond rejoint une constante du discours de Google : les surfaces génératives ne sont pas un espace à part, soumis à des règles inédites, mais une extension de la recherche, régie par le même cadre qualité. Ce qui range au passage le generative engine optimization (optimisation pour les moteurs génératifs, souvent abrégé GEO) du côté des pratiques existantes plutôt que d’une discipline neuve.

Le back button hijacking, en vigueur depuis le 15 juin

Second mouvement récent du périmètre, distinct du précédent : une nouvelle règle sur les pratiques malveillantes ciblant le back button hijacking (détournement du bouton retour), c’est-à-dire le fait d’empêcher l’internaute de revenir à la page précédente en manipulant l’historique du navigateur. Google a annoncé la règle en avril 2026 et son application a débuté le 15 juin 2026, soit neuf jours avant le lancement de la mise à jour de juin. Google n’établit aucun lien entre les deux.

Le point sensible pour les éditeurs : la responsabilité s’étend au code tiers. Un script publicitaire, un module de consentement ou un outil de test A/B qui introduirait ce comportement engage la responsabilité du site qui l’héberge. Là encore, les sanctions relèvent des démotions automatiques et des actions manuelles.

Ces deux évolutions s’ajoutent au socle classique des règles antispam, toujours en vigueur : cloaking (présentation aux robots d’un contenu différent de celui montré aux internautes), pages doorway (pages tremplins créées pour capter du trafic sans valeur propre), contenus piratés, scaled content abuse (production massive de contenu à faible valeur), bourrage de mots clés et manipulation de liens.

Quoi faire si vous êtes impactés ?

Pour les sites concernés, la conduite à tenir est simple.

  1. Annoter la date du 24 juin dans la Search Console (l’outil de Google qui mesure les performances d’un site dans la recherche),
  2. Attendre la fin officielle du déploiement avant de lire les variations, puis comparer les performances avant et après sur une fenêtre propre. Google rappelle qu’une éventuelle récupération se compte en mois, le temps que ses systèmes réévaluent un site, et non en jours. Trois déploiements se chevauchent par ailleurs sur la période, la May 2026 core update close le 2 juin, l’application du back button hijacking le 15 juin et cette spam update le 24, ce qui invite à isoler chaque cause plutôt qu’à conclure trop vite. Une cadence qui résume 2026 : core Discover en février, spam et core en mars, core en mai, spam en juin.
  3. Identifier les pratiques ciblées par la mise à jour sur vos sites, et corriger cela.

Et si vous êtes conscient d’avoir « spammé » Google, et ne voyez pas de solutions : passez à autre chose.


Bibliographie

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